Ce n'est pas que du vol à voile - Tchéquie 7

Voici le 7ème épisode des récits de Guillaume en Tchéquie (les autres récits sont disponibles ici)

image1Depuis une semaine nous enchaînons les épreuves sur secteur de deux heures comme on enfile des perles.
Chaque jour le météo recycle sans efforts sa présentation de la veille, tant les conditions semblent se reproduire jour après jour. Humide, instable, des averses dans l'après-midi et des orages le soir limitent notre fenêtre de jeu à 3 ou 4 heures.

Pourtant en l'air, le ressenti est tout sauf monotone. Parce que la course en planeur ce n'est pas que du vol à voile. Avant-hier, pas de vent. Donc pas d'alignement. Traduction : moins bon que les jours précédents. Sur la ligne, je retrouve mes deux tchèques et plus bas, le peloton qui grenouille. Personne ne semble motivé pour partir, les 4/8 de Cumulus étant pour la plupart persistants, c'est à dire ne disparaissant que très lentement après la fin de l'ascendance.

Le plafond à 800-1000m sol incite à la prudence. Les deux leaders partent, je suis au contact et la meute des 15m se met en branle à la suite. Pas d'impatience, pas d'option exotique, on soigne le pilotage, les cheminements, et on laisse les leaders faire la trace sur la première branche. Derrière, le paquet s'étire, les plus timorés se font distancer. Un peu de tactique, je vire 1 km plus loin dans le cercle et reviens raccrocher sous le gruppetto de tête. Surtout rester avec ces trois là qui ont du rythme et connaissent le coin !

Au bout d'une heure, nous arrivons dans le dernier cercle. Au nord, les nuages s'alignent enfin, et laissent augurer une meilleure moyenne. Oui mais nous ne faisons pas du vol à voile, nous faisons la course. Et la stratégie de la course est de faire le temps minimum : 1h45, pas plus, car le plané final rapporte d'autant plus que l'épreuve est courte.

Dans une bonne ascendance qui permet de réfléchir, je vois mes tchèques partir vers le nord, et mes copains 18m arriver par dessous. Ils rentrent au terrain. Pourquoi ne pas accrocher ces locomotives, qui en plus m'annonceront gracieusement les conditions devant ? Une arrivée soignée m'amène à l'heure dite à la maison. Les slaves rentrent une demi-heure plus tard. Plus de kilomètres, moins de vitesse.

Il y a des jours où seule la victoire est belle. Mais nous sommes venus pour ça.

Partenaire de notre association

logo deveryware